Demeure de Lineluna

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 De l'artisanat au Moyen-Âge

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Lineluna

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Localisation : dans ses bras, à jamais
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MessageSujet: De l'artisanat au Moyen-Âge   Dim 27 Mar - 18:38

Le Broquier

Artisan fabricant des ouvrages de petite tonnellerie : seaux, cuves.
Autrefois les broquiers appartenaient à la corporation des charpentiers de tonneaux.
Selon les régions et la grosseur des récipients fabriqués, on les appelait tonneliers ,broquiers, futailliers, lieurs de cuve, barilliers.

Dimensions des fûts
Les différentes dimensions des fûts :
Le galopin 0,23 litre
La chopine 0,46 litre
La pinte 0,93 litre
Le pot 1,83 litre
Le setier 7,43 litres
Le broc 8 litres
Le petit fût 50 litres
La demi-pièce 110 litres
La fillette 134 litres
Le bussard 200 litres
La pièce 220 litres
Le muid 268 litres
La pipe 400 litres
La tonne 1000 litres
Le foudre plus de 11500 litres

Broc

Le Tonnelier

Le tonneau est connu chez nous depuis 2000 ans ; il servait à stocker des produits liquides (vin, bière, cidre, eau), mais également solides comme les grains, les salaisons et même les clous.
D'abord appelé charpentier de tonneau, le tonnelier a pris l'appellation qu'on lui connait au XIIIème siècle. Au moyen-âge, les rois avaient leur propres tonneliers, chargés d'entretenir les barils et les muids.
A Paris, au XVIIème, ils furent réunis aux déchargeurs de vin, les seuls qui avaient le droit de débarquer le vin qui arrivait par bateau. Le tonnelier de village était pratiquement le seul à fabriquer des tonneaux ou à réparer les vieux fûts des vignerons. Il était payé à la pièce.
L'utilisation récente des cuves en métal, puis en plastique a mis à mal la profession jusque dans les années 1950. L'élevage des vins sous bois, surtout dans le Bordelais a redonné la vie à cette profession.



Le principal matériau utilisé est le bois de chêne, fendu en merrains par le merrandier dans les forêt du Limousin, du Tronçais (les deux forêts de chêne les plus connues de France) ou des Vosges. Le tonnelier utilise également des cercles de bois entourés d'osier, ou plus récemment des cercles de fers.

Quelques outils du tonnelier

La première étape de la fabrication est le dolage qui consiste en la préparation des douelles qui serviront à fabriquer le tonneau. Le tonnelier utilise pour cela la plane et la colombe.
Vient ensuite l'assemblage ou bâtissage : le tonnelier réunit les douelles en tronc de cône, ceinturées à l'extrémité supérieure par une cercle provisoire. En utilisant l'asse et le chasse, un deuxième cercle est enfoncé à mi-hauteur. Lorsque la barrique a pris forme, elle est mouillée et un feu de copeau est allumé à l'intérieur. Quelques heures plus tard, à l'aide du bâtissoir (aussi appelé la botissoire), le tonnelier ressère les douelles à l'autre extrémité et met en place un troisième cercle (ou moule).
Différents rabots permettait d'égaliser , de chanfreiner, de creuser la rainure où viendra se loger le fond ; ils avaient pour noms rabot cintré, rabot jabloir ou jabloir ou ruelle, chanfrinière ou stockholm...

Le cerclage définitif était ensuite effectué ; les cercles étaient enlevés un à un, le fond était inséré en écartant les douelles avec le tire-fond ou chien, puis les cercles définitifs, en fer ou en bois étaient posés fermement.
Pour terminer, les bondonnières, grosses vrilles coniques emmanchées, servaient à percer les bondes. Le robinet ne sera fixé qu'au moment de la mise en perce.


Source à parcourir : Métiers d'autrefois  http://www.genealogie.com/v4/forums/recherches-genealogiques-mains-tendues-metiers-d-autrefois-liste-des-metiers-etudies-en-page-15-t887169-p81.html

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Lineluna

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MessageSujet: De l'artisanat au Moyen-Âge   Ven 26 Juin - 12:10

Le meunier

Le meunier est certainement le villageois dont le statut est le plus particulier au sein du village. En effet, il est certainement la personne la moins appréciée de celui-ci, les paysans étant contraints de lui apporter leur grain et de payer en échange une redevance destinée au seigneur. Cette redevance est le plus souvent payée en nature, sous la forme d’une part de la quantité de la farine produite pouvant aller jusqu’au quart du grain moulu. La rapacité de Bonnet (surnom donné par les paysans en raison de son costume) engendre l’hostilité des villageois et lui vaut nombre de quolibets et de chansons.

Le moulin du meunier utilise la force de l’eau de la rivière qui actionne la roue en chêne et les engrenages en fer. La meule est en pierre. On retrouve ce bâtiment dans les villages mais aussi en ville en particulier à Paris sur la Seine ou à Toulouse sur la Garonne.
Destiné d’abord à broyer le grain et l’olive, le moulin à eau se perfectionne et on multiplie ses fonctions : moulin à fouler les tissus, à travailler le fer et le papier (XIIIe siècle).

Plus tard apparaît le moulin à vent, innovation provenant très certainement d’Orient.

Les métiers du cuir

Les métiers du cuir sont aussi présents dans de nombreuses villes du Moyen-Âge. Ils présentent une grande diversité. Les tanneurs s'installent souvent hors des remparts près d'un cours d'eau où la puanteur de leur activité provoque des plaintes des riverains. Ils doivent commencer par laver les peaux dans l'eau courante, puis les raser et ensuite les assouplir avec un traitement fait d'huile et d'alun. Ils fournissent la matière première à bon nombre d'autres artisans: selliers, lormiers, fabricants de harnais, cordonniers, chaussetiers et savetiers, gantiers et relieur de livre.

Les selliers et lormiers forment l'aristocratie des métiers du cuir. Les selliers font les revêtement de cuir des selles tandis que les cuireurs les recouvrent et que que les blasonniers y peignent des écussons. Les lormiers, eux, fabriquent les mors de la bride et les ornement des rênes.

Les cordonniers, qui doivent leur nom au cuir réputé de Cordoue, façonnent les chaussures de belle facture destinées à la Noblesse alors que les pauvres doivent se contenter de faire appel aux savetiers. On trouve aussi des gantiers qui utilisent dans leurs ouvrages les peaux les plus fines qu'ils parfument ensuite des parfums les plus fins.

Avec le développement des administrations civiles ou ecclésiastiques et la naissance de l'université, le métier de parcheminier s'étend dans de nombreuses cités. Ils s'installent le plus souvent près des écoles où ils fournissent en quantité des parchemins à des clients de plus en plus nombreux.

Les métiers du textile
Cardeuses, fileuses, lisseurs/pareurs, foulons et tisserands.

Tant par le nombre d'artisans qui y participent que par la consommation, le textile représente certainement la deuxième activité économique du Moyen-Age, après l'agriculture. C'est avant tout une activité urbaine, toutes les cités possèdent leur "draperie", certaines en font même une véritable spécialité notamment en Flandre ou en Artois.

La production d'un drap de laine implique une quantité d'opérations successives. Après la tonte, les femmes battent la laine sur des claies pour éliminer les impuretés et la plongent ensuite dans des bains pour la dessuinter, la laine est ensuite cardée et peignée. C’est un travail généralement réservé aux femmes, appelées les cardeuses. Il se fait à l’aide de cardes, petites planches de bois dotées de poignées et de dents. La laine placée entre deux cardes est peignée jusqu’à ce qu’elle soit plus facile à filer.

Ensuite vient le tour des fileuses. Ce sont encore des femmes qui filent la laine avec leur quenouille, instrument auquel est suspendu le fuseau alourdi d’un poids (le peson) afin de tendre la laine. La toison est ainsi transformée en fil grâce à un délicat système de rotation. Au XIIIe siècle, le développement du rouet de bois avec roue et pédale permet un essor sans précédant de la production de fil de laine. Le cardage et le filage sont souvent des activités rurales qui fournissent un complément de revenu aux paysans.

Une fois la bobine de fil constituée et vendue en ville, le tissage peut commencer. Il débute par une très longue opération, celle de l’ourdissage. Les fils de chaîne sont tendus sur le battant du métier à tisser. Les pédales qui actionnent et divisent les fils de chaîne autorisent la création de motifs à l’intérieur du tissage grâce à la navette que deux hommes se renvoient de chaque côté du métier, le tissage étant en effet une activité plutôt masculine. A ce stade de la fabrication, le drap de laine a une apparence grisâtre, rêche et irrégulière. Il est utilisé pour les couvertures des chevaux ou les pauvres.

Les draps doivent encore subir différentes opérations pour acquérir une certaine souplesse : ils sont lavés plusieurs fois, grattés au charbon pour les faire feutrer et retirer les nœuds encore présents. C’est le travail des lisseurs ou pareurs.

Ils sont ensuite foulés aux pieds dans des cuves contenant un mélange d’eau, de terre, de sable et de lie de vin, afin d’ôter l’huile de laine et de permettre aux teintures de prendre plus facilement. Les foulons constituent un groupe important d’ouvriers mal payés aux conditions de travail exécrables.

Viennent ensuite les différents bains visant à teindre le drap. Les teinturiers, souvent appelés « ongles bleus », constituent l’une des corporations les plus actives des métiers du textile. Les nombreux textes conservés, rédigés à partir du XIIIe siècle attestent d’une réglementation très précise de ce métier. Ils précisent leur organisation, leur cursus, leur localisation dans les villes, leurs droits et obligations, la liste des colorants autorisés et des colorants interdits. En général, les teinturiers sont séparés selon une couleur ou un groupe de couleurs, ou selon les matières textiles qu’ils peuvent utiliser. Les teinturiers de bleu teignent en général en vert et noir et les teinturiers de rouge s’occupent des jaunes.
Dans certaines villes allemandes et italiennes, les teinturiers sont séparés selon le colorant autorisé, la clientèle, le procédé de teinture ou le mordançage utilisé. On sépare aussi les teinturiers ordinaires (tons ternes) et les teinturiers de luxe (tons vifs).
Les règlements stipulent que les teinturiers doivent exercer leurs activités polluantes à l’écart de la ville. Ils travaillent en général près des rivières. Le partage des eaux provoque des conflits au sein de la profession. Par exemple, les teinturiers de rouge doivent attendre que l’eau soit propre lorsque les teinturiers de bleu y ont déversé leurs colorants.
Certaines autorités municipales rédigent alors des calendriers d’accès à la rivière.

Les procédés de la teinture au Moyen Age
L’art de teindre consiste à donner à une étoffe, à un fil ou à toute autre substance, une autre couleur que sa couleur d’origine avec un colorant. Cette pratique ancienne remonte à l’époque néolithique. Les textes conservés de l’époque médiévale prouvent que la teinture est toujours pratiquée sur le drap tissé (rarement sur le fil sauf pour la soie) ou la laine en flocons. En général, les tissus sont faits de lin, de chanvre, d’ortie, de laine de mouton…
1 - Le mordançage :
Pour réaliser une teinture, l’usage d’un mordant, peut être nécessaire pour fixer la couleur sur le tissu. Les mordants médiévaux sont le tartre, l’alun, le vinaigre, l’urine, la chaux…
Pour l’homme du Moyen Age, une belle couleur est dense, lumineuse et vive. La clientèle aisée recherche des textiles aux couleurs vives, résistantes au lavage et à l’exposition à la lumière.
Les teinturiers sont très attentifs à la qualité du mordançage. La qualité d’une teinture peut multiplier le prix d’une étoffe par dix. L’alun, précieuse roche composée de sulfate d’aluminium et de potassium est un mordant très efficace et très convoité par l’industrie textile.

2 - Teinture de cuve ou teinture de bouillon :
En fonction du colorant utilisé, le mordançage sera léger, fort voire absent. On distingue, au Moyen Age, deux procédés de teintures selon le mordançage utilisé : on parle de teinturiers de « bouillon » et de teinturiers de « cuve » ou de « guède ». Un mordançage fort est pratiqué par les premiers qui font bouillir dans un premier bain l’eau avec le mordant et l’étoffe. Pour les autres, cette opération est inutile car leurs textiles peuvent être teints à froid.
Les teintes des teinturiers de bouillon sont les rouges et les jaunes. Les teinturiers de cuve teignent les tons bleus, verts et noirs.

L’influence des symboles sur le choix des couleurs
Dans une société très croyante, les actes de mélange, de fusion, de brouillage sont assimilés à des opérations infernales qui troublent la nature des choses du créateur. Les teinturiers pratiquent en ce sens un métier suspect et évitent ainsi certaines opérations. Ainsi la couleur verte ne résulte jamais du mélange du bleu et du jaune mais de l’usage de colorants verts naturels. La teinte des étoffes est en général unie. Pour créer des motifs, on brode ou on tisse.

Très vite, ces différents métiers du textile vont tomber sous la coupe du drapier. Celui-ci n’est pas un artisan mais un marchand qui les fait travailler à la pièce. A chacune des étapes, le drap est vendu, puis racheté par le marchand qui réalise un profit substantiel. Le tisserand, au cours du Moyen-âge, va finir par perdre le contact direct avec son client, il maîtrise de moins en moins sa production et finira par devenir une sorte de salarié du drapier.

Le potier et le verrier

Moins riches et moins en vue que les meuniers ou les forgerons, les potiers et les tuiliers sont beaucoup plus nombreux dans les villages du Moyen-Âge. Leur travail a pour cadre le plus souvent l’unité familiale. Dans les premiers temps médiévaux, la terre est modelée, moulée et cuite dans une aire ouverte sans four. C’est à l’époque carolingienne que ces derniers se multiplient avec une production qui ne cesse de croître. Plus tard entre XIe et le XIIe siècle, des villages se spécialisent dans les productions potières. Chartres-de-Bretagne, non loin de Rennes, en est l’exemple typique de cette spécialisation : on y retrouve cinq ateliers où les potiers produisent une céramique de qualité assez commune destinée à la grande ville voisine.

Comme les artisans du fer et du verre, les potiers s’installent le plus souvent en bordure de forêt afin de disposer du combustible nécessaire à la cuisson de leurs céramiques.

Le terme de verrier a deux sens : il désigne à la fois le fabricant de verre et l’artiste qui peint les vitraux. Si ce dernier travaille en ville, le premier est obligatoirement installé à la campagne et plus précisément près d’une forêt. L’usage du verre se répand aux XIVe et XVe siècle. Des plaques de verre remplacent chez les plus riches les papiers huilés fixés aux fenêtres. Les nobles dames se contemplent aussi dans les miroirs et les savants portent des lunettes de vue. Dès 1320, le mot verre désigne les vases à boire.
Le verrier utilise le sable siliceux et les cendres de hêtre pour produire son verre. Des progrès techniques, comme la canne à souffler ou la coloration avant la cuisson, accompagnent l’essor de la verrerie à la fin du Moyen-Âge.
Si toutes les régions possèdent des centres de fabrication, certaines sont plus renommées comme la Normandie ou la Lorraine. En Europe, Venise et la Bohême se disputent le marché de la verrerie de luxe.

Les métiers de l'extraction de minerais

Le charbon, ignoré sous l’Antiquité, est connu au Moyen-Âge. Il s’agit d’abord de morceaux de houille ramassés sur les plages du nord de l’Angleterre, c'est pour cette raison qu'il est appelé « charbon de mer ». L’extraction de la houille, ou charbon de terre est attestée dès le début du Xe siècle dans ce même pays à Newcastle. Il se développe ensuite à Liège, à Mons et dans les Pyrénées. Ces mines sont le plus souvent exploitées à ciel ouvert, mais il existe aussi des galeries couvertes peu profondes. Le charbon est alors transporté dans des paniers à la surface. Il demeure pour autant très rare, l’essentiel du combustible étant fourni par le charbon de bois.

Les mineurs les plus nombreux sont ceux qui recherchent le minerai de fer. Ils travaillent en groupes comprenant le fouisseur qui creuse la mine, le charpentier qui réalise les boisages des galeries et le piqueur qui attaque le filon. Ce sont des activités extrêmement dangereuses. Les éboulements sont fréquents, l’air rare et l’eau abondante. Le métier, dans un premier temps, confié à des esclaves ou à des condamnés de justice, devient plus attractif avec les progrès techniques qui apparaissent au XVe (pompage d’air sain, aspiration et évacuation de l’eau). Seuls les riches et les puissants ont les capitaux nécessaires pour investir dans l’ouverture des mines. Selon les époques ce sont des seigneurs « fossiers», des moines cisterciens ou, à la fin du Moyen-Âge, de riches marchands comme Jacques Cœur. La demande de métal ne cessant d’augmenter, au XVe siècle apparaissent de véritables villages miniers en Oisans et dans le Lyonnais.

Une fois le minerai extrait, il doit subir toute une série de traitements. Le premier est le concassage au maillet, suivi d’un nettoyage à la main au fil de l’eau. Le minerai est ensuite transporté dans des hottes vers la fonderie. Là, il est mêlé à un fondant (la chaux) et chauffé à haute température dans un fourneau de terre pourvu d’une arrivée d’air régulière. La fin du Moyen-Âge voit un perfectionnement de la soufflerie. Le charbon de terre, de meilleure qualité, remplace le charbon de bois. Enfin, le haut fourneau permet d’améliorer et de multiplier la production en permettant la liquéfaction complète du métal.

Les métiers du pain et des pâtisseries

Le pain est bien sûr l’aliment essentiel et quotidien dans les villes et les campagnes du Moyen-Âge. Si à la campagne, chaque famille paysanne fait elle-même son pain qu’elle doit cuire dans le four seigneurial, cette pratique est interdite en ville où la production du pain est le monopole de quelques métiers. Là encore la division du travail est importante : les blatiers font de la farine pour les boulangers, ceux-ci pétrissent la pâte dans leur pétrin de bois et les fourniers cuisent le pain. Les boulangers de Paris sont soumis au Grand Panetier de France, statut qui les obligent à cuire le pain tous les jours même le dimanche, jour chômé pour les autres métiers.

Les boulangers n’ont pas le droit de produire des gâteaux et pâtisseries, cette activité étant réservées aux seuls pâtissiers. Ces derniers, qu’on appelle aussi les « oublieurs » fabriquent le « casse-museau », un petit four dur et croquant, les brivedeaux, sortes de gaufre. Ils ont aussi le monopole de la confection des pâtés à la viande ou au poisson, très prisés au Moyen-Âge : pâtés en croûte farcis au saumon, à l’anguille, au porc, à la tourterelle, à l’alouette ou encore à la caille. Ces petits « oublies » sont vendues dans la rue aux ouvriers qui se rendent au travail ou aux voyageurs. Une nourriture simple et roborative qui n’est pas sans faire penser à notre restauration rapide.

Les métiers de la viande

Contrairement à une idée reçue, les citadins du Moyen-Âge sont de gros consommateurs de viande. Ce marché sans cesse croissant fait la richesse des bouchers qui figurent dans toutes les villes en nombre important et appartiennent toujours aux plus aisés des contribuables. S’ils sont prospères, les bouchers sont peu aimés, jalousés pour leur richesse et critiqués pour leurs abus, en particulier le fait qu’ils abattent les animaux dans la rue et se débarrassent des carcasses dans les rivières. Le mépris dans lequel ils sont tenus s’accompagne d’une certaine méfiance car les bouchers sont armés et ont le sang chaud. Ils sont dans de nombreuses villes, et notamment à Paris, à l’origine de nombreuses révoltes.
Comme dans d’autres professions, la spécialisation est de rigueur. Les bouchers vendent de la viande et de la charcuterie. Ils ne se contentent pas d’abattre et de découper les animaux, mais pratiquent aussi l’élevage au voisinage de la ville et font commerce des sous-produits de leur activité comme le suif, la laine ou le cuir.

Ecorcheurs et abatteurs travaillent pour certains bouchers. Ces ouvriers, très modestes, sont payés à la pièce selon le nombre de bêtes abattues. Ils ont l’interdiction de s’approprier de la viande pour la vendre ou même pour leur consommation personnelle. La fin du Moyen-Âge est marquée par un plus grand souci d’hygiène qui se traduit par la tentation de limiter l'abattage dans l’espace, en organisant des abattoirs, et dans le temps en le limitant à quelques jours dans la semaine. A Toulouse, les bouchers avaient l'interdiction de jeter les carcasses dans la Garonne sous peine d’amende.

Ce n’est que tardivement, en 1476, que naît à Paris la corporation des charcutiers qui vendent des saucisses, des pâtés et de la boudinaille, mais pas de viande crue, ce commerce étant toujours réservé aux bouchers.
On distingue les bouchers, qui vendent la viande de bœuf, des agneliers qui proposent des viandes moins chères comme l’agneau, le chevreau, le lièvre, le lapin ou la perdrix, ou encore des galiniers, qui proposent des volailles, ou des tripiers, qui vendent des abats. A Paris, les rôtisseurs ou oyers vendaient de la viande d’oie.

Les papetiers

Lorsque l’écriture naît en Mésopotamie à la fin du IVe Millénaire avant notre ère, différentes matières sont utilisées : pierre, carapace, os d’animaux et tablettes de terre. Un nouveau support « le papyrus » apparaît ensuite en Egypte. A la fin de l’Antiquité ce dernier cède progressivement sa place au parchemin. C'est le support utilisé durant tout le Moyen-Âge, mais à partir du Bas Moyen-Âge, il cohabite avec un autre support, inventé en Chine dès le IIe siècle av. JC : le papier.

La diffusion du papier-chiffon au Moyen-Âge
Le papier apparaît en France au XIIe siècle suite aux croisades et à la reconquête espagnole. Ce produit musulman importé provoque la suspicion. Très vite les européens cherchent à le fabriquer. Les Italiens le produisent en premier dès le milieu du XIIIe siècle. Ils fabriquent un papier bon marché qui va peu à peu s’imposer dans toute l’Europe de l’Ouest. Véritable innovation technique, il concurrence peu à peu le parchemin. Cependant, sa qualité est perçue comme inférieure au parchemin. Il sert essentiellement dans les actes de la vie quotidienne : notes, registres, livres de comptes et contrats.
A partir du XIVe siècle le métier de papetier se développe avec la multiplication des moulins à papier dans tout l’Occident. Au XIVe siècle, le papier coûte quatre à cinq fois moins cher que le parchemin. Au XVe son coût est dix fois moindre que celui de son concurrent. Le papier médiéval, assez épais, légèrement pelucheux, possède un filigrane qui indique sa provenance et garantit sa nature.

Les étapes de fabrication du papier-chiffon
Le papier médiéval est fabriqué à partir de vieux tissus collectés par les chiffonniers dans les maisons. Toute pièce usagée est réutilisée pour sa fabrication. Cependant, les papetiers préfèrent le lin au coton, moins indiqué pour la pâte.

Les 7 étapes de la transformation des chiffons en papier se déroulent en papeterie. Chaque étape se déroule dans une pièce différente. L’atelier se situe en général à proximité d’une rivière pour utiliser la force motrice de l’eau.

1/La préparation des chiffons de lin, chanvre et coton est souvent réalisée par les femmes. Après un lavage, les chiffons sont classés selon leur qualité puis déchirés en petits morceaux. Il faut veiller à découdre les coutures pour éviter les épaisseurs.

2/Ils sont hachés avec un objet tranchant qui ressemble à une faucille.

3/Les tissus aspergés d’eau moisissent dans un endroit appelé le pourrissoir pendant 2 à 3 mois. Ils sont remués de temps en temps.

4/Pour obtenir la pâte à papier définitive, la matière doit être passée au mortier appelé pile. En fonction de la qualité désirée, elle passera dans deux ou trois piles différentes. Les chiffons écrasés par le maillet, dans de l’eau sans cesse renouvelée, forment une matière en suspension de couleur blanchâtre : la pâte à papier. Une fois prête, elle sèche et peut se stocker longtemps.

5/Pour former des feuilles avec la pâte à papier, le papetier plonge un cadre en bois avec un treillage dans une cuve remplie de pâte et d’eau légèrement chauffée. Puis, il le retire et laisse s’écouler une partie de l’eau. Le treillage emprisonne la pâte. Celle-ci est répartie et aplanie dans le cadre par de petites secousses.

6/Le papetier doit ensuite renverser le cadre pour déposer la feuille sur une étoffe ou sur du feutre. Il empile les feuilles les unes sur les autres en intercalant avec le feutre.

7/Afin d’enlever toute l’eau, les tas (feuilles et feutres) sont mis sous presse. A ce stade, les feuilles sont assez solides pour être mises à sécher sur des cordes dans l’étendoir. Le papier est presque prêt.

Deux dernières étapes sont nécessaires pour s’assurer de la solidité du papier dans le temps et pour qu’il convienne à l’écriture sans que l’encre ne fuse :
- Il faut l’encoller soit avec des colles animales ou végétales.
- Il est épluché grâce à un grattoir pour enlever les nœuds et les bosses, puis il est lissé avec une pierre entourée de peau (de chamois par exemple).

Ce n’est qu’en 1719 que René-Antoine Ferchault de Réaumur eut l’idée de fabriquer du papier à partir de bois comme nous l’utilisons aujourd’hui.


__________________________
Source initiale :
Bibliothèque de l'Ordre du Saint Sépulcre (Royaumes Renaissants) : http://lesaintsepulcre.forums-actifs.com/t1775-artisans-au-moyen-age

Références bibliographiques :
- Les métiers au moyen Age, Sophie CASSAGNES-BROUQUET, Editions Ouest-France, Collection Histoire, 2008
- Le Moyen Age en Occident, M. BALARD, J.-P. GENET, M. ROUCHE, Hachette supérieur, HU Histoire, 2003
- L'artisanat au Moyen-Âge - les métiers du textile (pdf).

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